Dans mes recherches d’informations pour le réalisation du logiciel d’astrologie, je me retrouve confronté à une infinité de concepts inhabituels au commun des mortels. La réalisation d’un logiciel d’astrologie demande, bien entendu, de connaître sur le bout des doigts la position des corps célestes nécessaires au calcul et quand je dis sur le bout des doigts, il ne s’agit pas de montrer de l’index où se trouve le soleil une chaude journée d’été ni la lune une nuit où celle-ci brille à plein (bien que dans ce cas on peut déjà subodorer une opposition entre ces deux-là).
Je me retrouve donc pour la première fois en présence de la notion de jour julien et pour vous expliquer comment cela fonctionne je me dois d’aller aux sources de notre calendrier qui comme vous le savez nous vient des romains :
Il ne faut pas confondre jour julien et calendrier julien. Si la notion de jour julien est relativement proche de nous (XVIe siècle), le calendrier julien est une version du calendrier romain datant du règne du grand jules au 1er siècle avant Jésus-christ. A l’époque, le calendrier romain comprenait 355 jours sur douze mois avec une date de début d’année en mars et correspondait en gros à douze mois lunaires (29,53059 x 12 soit environ 355). Un mois intercalaire de 27 jours était intercalé deux ans sur quatre afin de se recaler sur la position solaire. De plus, lors de ces années longues, le mois de février était raccourci à 23 ou 24 jours et le cycle se faisait sur une période de 8 ans avec trois cycles en moyenne. Le dernier cycle on ajustait l’ensemble avec seulement trois années longues contenant chacune un mois de février de 23 jours soit 377 jours à l’année. Sur ce cycle, on obtenait une année moyenne de 365,25 jours soit en gros ce qu’il fallait. Le problème se situe plutôt lorsque ces préceptes n’étaient pas appliqués lors des guerres ou par fainéantise (c’est une blague), car alors on se retrouvait avec une année sociale complètement décalée par rapport au soleil avec souvent une avance importante au point de fêter les vendanges à Noël (je sais cela n’existait pas et même jésus n’était pas encore né). Le système devait être appliqué par des prêtres mais cela fut fait avec négligence au point que plus personne ne s’y retrouvait, que ce soit l’armée ou les régions étant trop éloignées de Rome pour être tenu au courant. Vous me suivez …
Il fallait donc trouver un système plus fiable et moins exigeant en travail. Ce fut fait sous Jules César à partir de -46 car on avait cumulé environ 90 jours d’avance. Il a fallu dans un premier temps rattraper la bonne date (comme au passage du calendrier julien au calendrier grégorien au XVIe siècle) en ajoutant deux mois intercalaires puis appliquer le nouveau calendrier qui s’appliquait sur un allongement de l’année de 355 à 365 jours par ajout d’un jour environ par mois. On pensa aussi à ajouter un jour tous les quatre ans afin de se rapprocher au maximum de l’année tropique. Ce jour s’appela “bissextus” car il doublait le sixième jour avant les calandes de Mars donc le 24 février. En anecdote le mois de quintilis fut renommé julius par Marc-Antoine après l’assassinat de Jules César et pour honorer sa mémoire le mois de sa naissance. En -8, le sénat fait de même avec le mois de sextilis, le renomme Augustus suite à la réforme entreprise par César Auguste successeur de Jules César dans le calendrier comme dans l’histoire. Mais pour l’honorer parfaitement on ne pouvait lui donner un mois plus court que celui de Jules César et on ajouta un jour au mois d’Augustus en décalant le nombre de jours des mois suivants. Le mois de février comptant lors de ce changement 29 jours a été écourté à 28 jours afin de respecter le nombre de 365 jours pour l’année entière.
Ce calendrier fut en exercice jusqu’en 1582 où le retard séculaire engendré par le décalage entre celui-ci et l’année tropique atteint environ 10 jours. Il a fallu de nouveau rattraper ce retard et modifier ce calendrier par la suppression d’une année bissextile tous les cent ans. En règle générale, sont bissextiles depuis le calendrier grégorien les années divisibles par 4 mais pas par 100 ou divisibles par 400. Un léger décalage persiste encore sur ce calendrier mais l’incertitude entre ce décalage et la modification de la durée de l’année tropique ou de l’allongement de la durée du jour sur la même période rendent inapplicable une nouvelle règle plus précise.